VIDÉO - La grande verrière ondulant au milieu de la Cour
Visconti vient d'être posée. Une prouesse signée Rudy Ricciotti et
Mario Bellini. Cour Visconti, le gros œuvre s'achève. Vingt
ans après la création de la pyramide de Peï, la dernière tranche du
Grand Louvre - le Département des Arts de l'Islam - n'est plus
qu'une question d'aménagement intérieur. Cet été, les 13 000 pièces
concernées seront installées à proximité de 5000 autres relevant de
la section Méditerranée orientale romaine.
En 2002 Jacques Chirac avait lancé le projet. En 2008 Nicolas
Sarkozy posait la première pierre. Qui, en septembre, inaugurera
ces 2 800 nouveaux mètres carrés répartis en deux niveaux
d'exposition et d'un troisième réservé à la technique? C'est la
dernière incertitude.
L'évidement de ces volumes jusqu'à à 12 mètres de profondeur n'a
causé aucun dommage. Les vibrations n'ont pas été ressenties dans
les salles situées en surplomb, où se trouvent notamment les
trésors de la Grèce préclassique, La Joconde et le Sacre de
Napoléon par David. Les tonnes de terre ne pouvant être excavées
par enjambement des ailes sous peine d'abîmer leurs façades
commencées au XVIIe siècle et complétées au XIXe par l'architecte
Visconti, on s'est résolu à tout faire passer par l'unique porche
du côté Seine. Gravats comme matériels, jusqu'aux parois en verre
simple - des plaques larges de 2,40 m et parfois longues de 6 m -
ont emprunté cette voie large de seulement 2,7 mètres.
Autre prouesse: l'escalier intérieur en béton reliant le
sous-sol au rez-de-cour. Il a été coulé en une seule fois grâce à
un coffrage long de 14 m et haut de 6 mètres. Aujourd'hui, cette
volée de marches se déploie sans aucun point d'appui. Un bel effet
qui s'ajoute à celui des sols en dalles noires incrustées de
copeaux de laiton. Ils s'harmonisent élégamment avec l'anthracite
foncé des mur et le doré de la verrière. Cet équipement est aussi
spectaculaire que novateur. Les concepteurs Rudy Ricciotti et Mario
Bellini ont dessiné puis modélisé sur ordinateur ce toit de forme
ondulante, lourd de 135 tonnes, laissant passer la lumière
naturelle. «Après des tests grandeur nature effectués dans les
fossés du Louvre, en face de l'église Saint-Germain-de-L'Auxerrois
un entreprise qui a déjà à son actif la couverture à Londres du
British Museum et à Berlin du dôme du Reichstag, l'a posé, explique
Aude Pichard, chargée de projet à la direction de la maîtrise
d'ouvrage. Il s'agissait de s'assurer de la résistance à la neige
et à l'échauffement, de la bonne étanchéité et du faible
vieillissement.» La Cour Visconti n'offre pas de corniches
continues sur laquelle ce type de structure aurait pu s'appuyer.
D'autre part, coiffer la Cour Visconti au niveau des toits, à plus
d'une trentaine de mètres des collections, les aurait écrasées
visuellement. Les architectes ont donc imaginé de fixer leur vague
de verre et de métal sur huit piliers inclinés très discrets (pas
plus de 30 cm de diamètre). Le toit se détache ainsi des façades
historiques et semble flotter dans l'air, à mi hauteur, tel le
tapis volant des contes orientaux. Cela devrait satisfaire les
mécènes dont les principaux viennent du Golfe.